〈If〉
If I suddenly leave this world,
like a yellow leaf
gently plucked away by the wind,
drifting toward a distant place,
would you
occasionally remember me
in your memories,
place me back into
your tender palm,
and, with lingering affection,
revisit again and again
the pure and flawless encounter
we shared in the first half of our lives?
.
You were originally
that secluded orchid
growing deep in the valley.
When I traveled past,
you bloomed with a quiet fragrance,
guiding me
to walk toward your side.
I sat down
and, with my poet’s brush,
portrayed
your fresh and elegant image.
If, at that moment,
you had been a little more reserved,
a little more indifferent toward me,
perhaps
I would have found myself unwelcome,
and followed the flowing water,
like a drifting duckweed,
leaving your sight forever.
.
If,
in truth,
is a dreamland,
suitable for planting
all kinds of imaginary flowers and plants.
Because you had feelings for me,
I became the sunlight
that awakened
the flowers still hidden in buds.
When you said
you were willing to accompany me
through the limited years
that lay ahead,
I knew
that even if I departed from this world,
you would always remain
the most vivid and beautiful
colored page
in my memories…
Poème français
〈Si〉
Si je quittais soudainement ce monde,
tel une feuille jaune
doucement détachée par le vent,
s’envolant vers un lieu lointain,
est-ce que tu
penserais parfois à moi
dans tes souvenirs,
me déposerais à nouveau
dans ta douce paume,
et, avec une tendresse nostalgique,
reviendrais sans cesse contempler
notre rencontre
pure et sans aucune souillure
durant la première moitié de notre vie ?
.
Tu étais à l’origine
cette orchidée solitaire
cachée dans la vallée.
Lorsque je voyageais par là,
tu as fleuri avec un parfum discret,
me guidant
jusqu’à tes côtés.
Je me suis assis,
et avec mon pinceau de poète,
j’ai dessiné
ton image fraîche et élégante.
Si, à ce moment-là,
tu avais été un peu plus réservée,
un peu plus distante envers moi,
peut-être
me serais-je moi-même retiré,
et, suivant le courant de l’eau,
comme une lentille d’eau emportée,
je serais sorti de ton regard.
.
Si,
en vérité,
est une terre de rêve,
où l’on peut planter
toutes sortes de plantes imaginaires.
Parce que tu avais éprouvé des sentiments pour moi,
j’étais le soleil
qui réveillait
les fleurs encore enfermées dans leurs boutons.
Lorsque tu as dit
que tu accepterais de m’accompagner
durant les années limitées
qui nous restaient à vivre,
j’ai compris
que même si je quittais ce monde,
tu resterais toujours
la page colorée
la plus profonde et la plus belle
de mes souvenirs…






