〈The Bookworm Scholar〉
After I stopped writing poetry,
I became stranded,
turning into a bookworm
buried among piles of books.
Every day I read,
digesting all kinds of knowledge.
Every day,
my brain cells are feeding.
You remind me
not to close myself away
and hibernate through the winter.
Hibernation would shut down
my brain cells,
stop my thinking,
and calcify me into Tao Yuanming,
cut off from the world,
becoming
an ancient man
out of place in the modern age.
.
After I cease wandering,
this life is free of all burdens.
I let go of the heart of competition,
and return to books.
The bookworm
cultivates himself in
the classics of poetry and literature,
calmly marking favorite words
and writing notes in the margins
beneath the lamp.
This is the image you love:
the restrained and quiet scholar.
A great hermit
hidden deep within the forest of books.
I put aside
the sharp words of criticism,
stay far away
from the grudges between literary schools
and the flashes of swords and blades.
Those insignificant supporting characters
are not worthy
of my brush of history
passing judgment upon them.
I leave them instead
to the wisdom of readers.
.
The first half of my life,
I was a scholar.
The second half,
I become a bookworm,
wandering quietly
through ancient and modern times,
across China and beyond.
The fallen blossoms
floating upon the surface of water,
scattered yet arranged with grace,
are the poems and verses
written on paper.
Each carries
its own wisdom and elegance.
I bend down
to gather them,
pin them beside my temples,
and softly sing and murmur.
(My love for flowers
is greater
than my love for beautiful women.)
If you secretly laugh,
please do not let me
unexpectedly hear it.
I am a bookworm;
I should naturally
have few desires
and keep a pure heart.
Toward your ambiguous
private messages and hints,
I remain clear-minded,
pretending
not to understand romance.
Poème français
〈Le Lettré Poisson d’argent des Livres〉
Après avoir cessé d’écrire des poèmes,
je me suis échoué,
devenant un poisson d’argent des livres,
caché parmi des montagnes d’ouvrages.
Chaque jour, je lis,
je digère toutes sortes de connaissances.
Chaque jour,
mes cellules cérébrales
se nourrissent.
Tu me rappelles
de ne pas me fermer au monde
et d’entrer en hibernation durant l’hiver.
L’hibernation fermerait
mes cellules cérébrales,
arrêterait ma pensée,
et me pétrifierait en Tao Yuanming,
me coupant du monde,
faisant de moi
un homme d’un autre temps,
étranger à l’époque présente.
.
Après avoir cessé mes errances,
cette vie ne connaît plus d’entraves.
J’abandonne le désir de rivaliser,
et retourne vers les livres.
Le poisson d’argent des livres
cultive son esprit
dans les classiques de la poésie et de la littérature,
sous la lampe,
il entoure calmement les mots choisis
et écrit ses notes dans les marges.
C’est l’image que tu aimes :
celle d’un érudit
réservé et peu bavard.
Un grand ermite,
caché dans la forêt des livres.
Je dépose
les paroles acérées de la critique,
je m’éloigne
des rancœurs entre les écoles littéraires
et des éclats de lames et d’épées.
Ces personnages secondaires
sans importance,
ne méritent pas
que mon pinceau historique
leur accorde un jugement.
Je laisse plutôt
la sagesse des lecteurs
s’en charger.
.
La première moitié de ma vie,
j’étais un lettré.
La seconde moitié,
je deviens un poisson d’argent des livres,
errant paisiblement
à travers les temps anciens et modernes,
d’Orient et d’Occident.
Les fleurs tombées,
flottant par milliers à la surface de l’eau,
disposées avec grâce,
sont les poèmes et les vers
inscrits sur le papier.
Chacune porte
sa propre sagesse
et son élégante beauté.
Je me penche,
je les recueille,
je les accroche près de mes tempes,
et je chante doucement à voix basse.
(Mon amour pour les fleurs
est plus grand
que mon amour pour les belles femmes.)
Si tu souris en secret,
ne me laisse pas
l’entendre par hasard.
Je suis un poisson d’argent des livres ;
je devrais naturellement
avoir peu de désirs
et garder un cœur pur.
Face à tes messages privés
aux sous-entendus ambigus,
je reste lucide,
faisant semblant
de ne pas comprendre les choses de l’amour.
- 〈The Moonlight Sculptor〉
- Chapitre 8 Paysages de la douleur tragique — Lecture de trois poèmes de paysa
- Chapitre V La profonde lumière bleue des étoiles — Lecture de deux poèmes de Xi
- Chapitre III « Le fils prodigue et le chevalier errant » — Étude sur l’archétyp
- Four Untitled Sonnets
- 〈The Lonely Bird in the Forest〉






