〈The Lily〉
In the secluded valley,
the lily by the flowing stream
combs and adorns herself.
Your youthful beauty
is written upon
the rippling, flourishing waters.
Your clear and melodious song
is the tender color
of spring itself.
Every note
is a drop of water,
rising and falling passionately
between the springs and stones.
Such beauty—
once it leaves its form,
even reaching out to hold hands
would already be too late.
.
Following the stream upstream to seek you,
I come searching for poems and verses.
The road is difficult and long;
I am merely
a wandering ink-wielding poet
lost among mountains and forests.
Coming from Luoyang,
my poetic brush
has no way to imitate your beauty,
let alone attain the realm of
“without writing a single word,
yet completely capturing the elegance of spirit.”
I scoop up a ladle of your song
and drink it.
The notes flow
through my heart and lungs.
The images are about to emerge,
and the craftsmanship of creation
has already become wondrous.
And I,
with my hair loosened,
compose poetry freely,
becoming that fallen blossom
drifting with the current,
following the flowing waters
after setting my boat downstream…
Poème français
〈Le Lys〉
Dans la vallée retirée,
le lys près du courant d’eau
se coiffe et se pare.
Ta beauté de jeunesse
s’inscrit sur les eaux
abondantes et chatoyantes.
Ton chant clair et mélodieux
est la couleur tendre
du printemps.
Chaque note
est une goutte d’eau,
qui monte et retombe avec éclat
entre les sources et les pierres.
Une telle beauté—
dès qu’elle quitte sa forme visible,
même tendre la main pour la toucher
serait déjà trop tard.
.
En remontant le courant à ta recherche,
je viens chercher des poèmes et des vers.
Le chemin est difficile et long ;
je ne suis qu’un poète errant,
un lettré à l’encre,
égaré parmi les montagnes et les forêts.
Venant de Luoyang,
mon pinceau poétique
ne peut trouver la manière de reproduire ta beauté,
et encore moins atteindre
ce royaume où :
« Sans écrire un seul mot,
l’on révèle pourtant toute l’élégance de l’esprit. »
Je recueille une coupe de ton chant
et la bois.
Les notes circulent
dans mes profondeurs.
Les images semblent vouloir naître,
et déjà
la création de la nature
révèle sa merveille.
Et moi,
les cheveux dénoués,
je compose des poèmes,
je deviens cette fleur tombée,
qui, après avoir laissé voguer sa barque,
descend avec le courant,
suivant le fil de l’eau…






