目前這份手稿還沒有英譯本,在The New Yorker則是提供了一篇〈少女們〉(young girls) 的英譯,有興趣的讀友可自行參考以下連結。 https://www.newyorker.com/magazine/2021/07/12/young-girls In April, the French publisher Éditions Gallimard released “Les Soixante-quinze Feuillets et Autres Manuscrits Inédits,” by Marcel Proust. The volume contains a seventy-five-page manuscript from 1908, long rumored to exist but discovered only recently, in the private files of the publisher Bernard de Fallois. In those pages—which include the following passage—Proust sketched out many of the themes and scenes he would eventually draw on for his masterpiece, “In Search of Lost Time.” 底下摘要分享個人比較有興趣最後一篇〈威尼斯〉,同樣地,我再找出《追憶似水年華》裡頭幾則跟威尼斯相關的書摘一起參考。 我去找已經不在窗下的母親,一離開戶外的炎熱,便立即感到一陣清涼,這是過去在貢布雷我回樓上自己的房間時感到的那種清涼;不過在威尼斯這股涼氣是由海風吹來的,不是吹到踏級很密的小木樓梯裡,而是吹到莊嚴典雅的大理石台階上,台階的表面每時每刻都迸射出一線海藍色陽光,台階的建築藝術既吸收夏爾丹的有益教導,又揉進了委羅內塞的風格特點。 (p.220 追憶似水年華 VI 女逃亡者聯經版 1992)
我下樓和等著我的母親會合時,正是在貢布雷人們關上百葉窗在幽暗中愜意地享受身邊的陽光的時刻,而在這裡,從大理石樓梯走下來時(這樓梯就像在一幅文藝復興時期的畫裡一樣,你看不出它是建在一座宮殿裡還是建在一條雙槳戰船上),人們可以領略到同樣的清涼和戶外的燦爛陽光,這得歸功於那些頂篷,它們在永遠開著的窗戶前面晃動著,通過這些窗戶,暖烘烘的陰影和藍綠色的陽光隨著源源不斷的氣流流動,就像流動在一個飄浮的平面上,使人聯想到鄰近動盪不息的波濤和那閃爍著變幻不定的色彩的粼粼波光。 (p.242 追憶似水年華 VI 女逃亡者聯經版 1992)
第二天我去尋找我夜間發現的美麗廣場,我走過一條又一條的街,它們都很相似,但沒有一條能給我提供一點有關那個廣場的情況,只有使我更加暈頭轉向。有幾次我以為認出了一個什麼標記,便估計那個美麗而偏遠的廣場,那個被幽禁的、孤寂的廣場很快就會出現在我眼前。這時某個鬼精靈變成的一條我從未走過的小街,引得我身不由己地往回走。不久我突然發現自己重新被帶回到了大運河。而由於對現實的回憶與對夢境的回憶之間沒有多大的區別,到後來我不禁自問,是否在我的睡夢中,在一塊幽暗的威尼斯的凝固體裡產生了一個奇異的浮動面,它給久久沉思的月光奉獻上一個寬闊的、被迷人的宮殿所環繞的廣場。 (p.249 追憶似水年華 VI 女逃亡者聯經版 1992)
Pendant que je lisais ces pages de Venise , le soleil entrait dans ma chambre, en baignant la moitié. Et bientôt je quittais le lit, marchais sur le soleil étendu dans ma chambre, descendais les escaliers de marbre où les portes mal fermées laissaient passer par les courants d’air la fraîche brise marine de ces chaudes journées, et arrivé devant le bleu Grand Canal, sur lequel le regard s’appuyait, se reposait, se ravissait, s’enchantait, comme une joue encore amollie du sommeil récent se repose, s’appuie, s’enchante sur un oreiller moelleux, on arrivait à la porte à trois marches de l’hôtel dont les deux premières étaient tour à tour cachées par l’eau ou ruisselantes, car ailleurs on habite au bord de la mer, mais ici on habite dans la mer. Les palais sont magnifiques et les gondoles sont en foule comme des voitures le dimanche sur la grand place de la ville en fête. Sautez dans la gondole et disons : « Palais des Doges , San Marco », où vos amis vous attendent déjà avec les livres. Car depuis votre enfance, par les beaux jours ensoleillés vous connaissez le charme de dire : « J’irai vous rejoindre », quand le jour est [avancé] a , le rendez-vous sûr, et le chemin à faire seul pour retrouver les [amis] partis d’avance regorgeant de la plénitude de bonheur d’un beau jour, [soit] qu’il faille suivre la rivière où on entend sauter les poissons et affluer autour d’une mie de pain les têtards, où les boutons d’or se pressent dans les prés environnants avec les marguerites, et qu’il y ait à faire crier le petit pont en passant dessus et à marcher dans l’odeur des aubépines qui, quand on veut en porter la fleur à son nez, ne sentent plus rien, soit que glissant en gondole b … Ici vous ne passerez pas devant le pâtissier, vous ne traverserez pas la rue pour aller à l’ombre. Mais le gondolier en vous menant vers où vous lui avez dit vous dira en vous les désignant : « Palazzo Foscari ». Là-bas, s’élevant de l’eau bleue, approchés, longés, puis dépassés par la gondole ce sont eux qui ont exalté vos rêves comme l’ont fait Anna Karénine ou Julien Sorel . Mais eux vous n’avez pas pu les connaître. Ceux-ci, héros des romans de Ruskin , existaient quelque part, ici où vous êtes venu, dans cette rue sans boutiques, sans cabriolets, sans pavés et il faut que vous passiez devant eux le soir pour aller dîner ou avant dîner pour aller faire une visite. Naturellement toutes ces paroles : « la glorieuse architecture privée de Venise », « le glorieux palais Foscari », avaient un charme que vous ne retrouvez pas ici quand le gondolier vous dit en vous le montrant : « Palazzo Foscari ». Mais un jour « Foscari » dit par le gondolier, longé par la gondole avant d’aller faire une visite au Grand-Hôtel ne sera pas moins poétique que l’autre c Foscari, celui d’avant, que vous étiez déçu de ne pas trouver, « le chef-d’œuvre de cette glorieuse école d’architecture privée de Venise » ; car ce sont des moments de notre vie que la perception sensible, la tyrannie du présent, l’intervention de l’intelligence, le réseau de l’activité, l’enchaînement des désirs égoïstes, nous empêchent de vivre mais qui redeviennent glorieux au jour enfin venu de la résurrection.