La recherche du temps perdu de Nina Companeez
La Recherche du temps perdu - Nina Companeez - France 2 par AgoraVoxFrance
Nina Companeez (born 26 August 1937) is a French screenwriter and film director.[1] She has written for 29 films and television shows since 1961.
[edit]Selected filmography
- Tonight or Never (1961)
- Zartliche Haie (1967)
- Benjamin (1968)
- Raphael, or The Debauched One (1971)
- Faustine et le Bel Ete (1972)
- L'histoire tres bonne et tres joyeuse de Colinot trousse-chemise (1973)
- The Horseman on the Roof (1995)
Quel impact les deux episodes de" La Recherche du temps perdu", realises pour la television par Nina Companeez, peuvent-ils avoir sur un jeune public, telle est la question que l’on peut se poser apres les avoir visionnes.
Oui, Nina Companeez ne manque pas de culot d'avoir porte a l'ecran l'un des chefs-d'oeuvre litteraire du XXe siecle en deux episodes de deux heures chacun, restreignant l'oeuvre a la portion congrue, et n'offrant a voir qu'une serie de courtes scenes sans chronologie qui condamne ce monument a n'etre plus qu'une peau de chagrin. Certes, il y a de jolies scenes, la realisatrice ayant eu les moyens financiers de faire une reconstitution des decors et costumes tres reussie, mais cela s'arrete la, car si le decor est plante ni les personnages, ni l'essence du roman ne sont veritablement presents, surtout dans le premier episode. Et comment pourraient-ils l'etre ? On ne transforme pas une reflexion philosophique sur le temps, la memoire involontaire, en images d'Epinal, ce n'est pas possible et on ne peut rendre en quelques heures la teneur si subtile, si complexe d'une oeuvre de ce gabarit. On sait qu'un immense cineaste avait envisage de faire cette transposition, Visconti, mais qu'il abandonna le projet, que Raoul Ruiz resuma de facon souvent malhabile Le temps retrouve, aussi aurait-il ete preferable d'en rester la, La Recherche ne se pretant nullement a une adaptation de par son ampleur et son contenu. L'oeuvre de Marcel Proust, c'est avant tout des phrases ciselees, une symphonie de mots, une pensee philosophique approfondie, une construction solide et une galerie de personnages qui sont ici a peine esquisses, virant tres vite a la caricature et a la preciosite. Enfin c'est une oeuvre colossale de plus de 3000 pages qui se voit ainsi ramassee en une suite de tableaux le plus souvent plaisants, mais qui ne donnent de La Rechercheque ce que la restauration rapide donne a la grande cuisine : a peine un avant-gout.
Apres un premier episode tres decevant ou le narrateur se substitue a Proust lui-meme, ce qui est une profonde erreur, La Recherche etant un roman a part entiere et non la biographie de son auteur, le second episode se detache par une realisation qui prend davantage en compte le texte et nous en donne quelques bribes savoureuses ou emouvantes, surtout a la fin, avec le grelottement ferrugineux de la petite cloche qui annoncait l'arrivee de Swann et le personnage d'Albertine adorablement campe par la jeune actrice Caroline Tillette. Mais rien ne subsiste, en dehors d'une image nostalgique ou cruelle, de ce qui constitue le socle de l'oeuvre, les pages merveilleuses sur l'enfance, le baiser maternel et l'inquietude du petit garcon guettant l'arrivee de sa mere, l'importance de l'art, qui est plus que la vie, et dont le court dialogue dans l'atelier d'Elstir ne nous donne aucune idee, les considerations de Proust au sujet de l'affaire Dreyfus qui ne sont pas meme mentionnees, pas davantage que celles sur la guerre de 14/18, enfin l'importance de l'imaginaire dans la vie de chacun et les pages consacrees non seulement a l'eloge de la beaute et aux phenomenes de la memoire involontaire, mais aux exigences de l'intelligence et de la morale, tant il est vrai que La Recherche s'inscrit dans une demarche redemptrice, l'art arrachant l'homme a sa mediocrite.
Cette realisation de Nina Companeez, qui n'est certes pas denuee de qualites, donnera-t-elle a notre jeunesse l'envie de se plonger dans l'oeuvre proustienne ? Je n'en suis pas persuadee, pour la simple raison que le personnage du narrateur nous apparait d'autant plus decale dans le film qu'il est joue par l'acteur Micha Lescot de facon trop inhibee, trop maladive, nous imposant la presence envahissante d'un etre craintif, timide et pour le moins coince, parlant peu et n'ayant ni etoffe, ni relief, alors que Proust jeune etait brillant, gai, drole, et que son art de converser en faisait un interlocuteur d'exception. Cela n'est guere apparent dans le film, simplement parce qu'en attribuant a l'auteur le role du narrateur, on rend l'oeuvre bancale, d'ou ce paradoxe d'un etre en retrait qui n'est ni tout a fait le narrateur du roman, ni tout a fait l'ecrivain Marcel Proust. Ainsi le film reduit-il cette Recherche a un livre d'images agreable aux yeux, mais d'ou l'esprit est absent, le 7e Art etant un art different de la litterature et le rendu de l'image different du rendu des mots. Je ne prendrai pour exemple que la mort de la grand-mere que l'image inflige d'une facon unilaterale, alors que celle relatee par l'ouvrage litteraire respecte la vision que chacun peut en avoir et lui autorise toutes les libertes de la pensee et de l'interpretation. Cette difference est capitale. La ou le cinema impose, la litterature suggere. Si bien que ces deux episodes n'aboutissent qu'a circonscrire LaRecherche dans le registre du snobisme d'une societe aristocratique decadente, aux relations qui se tissent avec la bourgeoisie en pleine ascension sociale et a l'homosexualite, donnant lieu a quelques scenes racoleuses et ne presentant de Proust qu'une vision joliment passeiste.
Armelle BARGUILLET
After a first episode very disappointing and the narrator takes the place has Proust himself, which is a profound mistake, as research is a novel in itself and not the biography of its author, the second episode stands out by a realization that takes more attention to the text and gives us a few tasty bits or moving, especially at the end, with ferruginous shivering of the little bell that announced the arrival of Swann and the character of Albertine loved to camp with the young actress Caroline Tillett. But nothing remains, apart from a nostalgic or cruel, what is the foundation of the work, the pages of wonderful childhood, the maternal kiss and anxiety of the little boy watching the arrival of his mother, the importance of art, which is more than life, and whose short dialogue in the studio of Elstir gives us no idea, considerations of Proust on the Dreyfus Affair that are not even mentioned, no more than 14/18 on the war, and finally the importance of imagination in everyone's life and the pages devoted not only to the praise of the beauty and phenomena of involuntary memory, but the requirements of intelligence and morality, as it is true that research is part of a redemptive art man tearing his mediocrity.
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